Céline Ravier parcourt le monde principalement à pied depuis une vingtaine d'années. Photographe humaniste, elle cherche à interpeller par le beau en mettant en valeur les différences (ethniques, sociales, culturelles...).En 2011, lors du Festival randonneur "Traversée de l'Oriental" au Maroc, elle met en place un studio photographique itinérant "Au studio des dames" afin de mettre en lumière les femmes isolées de la région.

       Diplômée de l'Ecole de Journalisme et de Communication de Marseille, elle est membre du collectif de photojournalistes VIES DE QUETZAL qui donne la parole aux voix minoritaires (peuples indigènes, migrants, sans-abris..).

      Ses travaux ont été publiés dans la presse magazine (A/R Voyageur, Grands Reportages, Trek Magazine, Revue Bouts du Monde, Revue Vies de Quetzal) et présentés lors de nombreuses expositions personnelles et collectives (Festival Le Grand Bivouac, Présence(s) Photographie, Nuits photographiques de Pierrevert, Festival de l'Arpenteur, La Photographie Marseille, Festival Européen de la Photographie de Nu à Arles, Les Nuits Photographiques d'Essaouira).

En 2017, elle publie ses photos sur le Sultanat d'Oman dans le 2è édition du livre "Les Plus Beaux Treks du Monde" paru aux éditions Glénat.     


                                               

        D’itinérance en transhumance, Céline Ravier a fait du monde l’horizon même de son regard. Née nomade à une époque où la parole est aux racines et où les discours se veulent identitaires, très tôt Céline a préféré brouiller les pistes de l’ici et du maintenant pour dresser ses bivouacs sur les sentiers de l’ailleurs, les chemins sans frontières de l’Afrique à l’Asie, de l’Europe aux Amériques. Si sa quête est de cette terre, elle ne l’aime tant qu’habitée. De la ligne de crête des géants enneigés des Alpes aux brulantes carapaces du désert Sahara, il lui faut au moins l’ombre portée d’un corps, l’éclat fragile d’un visage pour qu’elle puisse lire et partager ses paysages. Et son boitier en bandoulière, elle va résolument les chercher tous ces visages. On la croit en Mauritanie quand ses traces déjà sont au Sénégal ; en Birmanie, lorsque son œil glisse au Népal ; en Laponie, au Maroc peut-être, ou sur les rives glaciaires de Chamonix alors qu’elle arpente les rues de Marseille à la recherche d’un mouvement d’épaule, du plissement d’un front, d’une impasse élargie par les bras d’un enfant ou d’un porche qui se voute sur le dos d’un vieillard.

      Dire qu’il y a de l’humanité dans ses photographies serait peu dire. Il y est plutôt question de ce qui se trame d’essentiel et d’ineffable dans le rapport à l’autre, le rapport à soi, cette commune présence qui nous rend humains sur les chemins du monde. Vivre ainsi, dans ses graphèmes de lumières, l’image souriante et claire, la muette histoire de ceux que l’on rencontre et de ceux que l’on quitte et faire de son travail le témoignage de ces fragments de vie, tel est le projet artistique de Céline Ravier. Juste dans la beauté de ces géographiques présences, de ces hommes installés et de tous ceux en partance.

 

Pierre-Jean Memmi, écrivain, historien de l'Art (Arles)






 

 

 


 

    



 

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