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Chez les Romantiques du XIXe siècle, le sublime naît de l’expérience de la Grande Nature : un vertige intérieur où l’émerveillement se mêle à l’inquiétude, où l’émotion excède la raison. Une paroi abrupte fascine autant qu’elle effraie, une forêt noyée de brume enveloppe autant qu’elle oppresse.
Au fil de mes voyages, j’ai photographié les paysages et les présences du vivant à la recherche de cette émotion singulière, d’abord de manière intuitive puis de plus en plus consciente. Aujourd’hui, cette expérience prend une résonance nouvelle. Car le beau est le commencement du terrible* revisite le sentiment du sublime à l’heure du bouleversement climatique. Là où le philosophe Burke éprouvait « une terreur délicieuse » face aux forces de la nature, la série explore un sublime contemporain où l’inquiétude se déplace. Elle ne naît plus seulement d’une puissance menaçante qui nous dépasse, mais de la conscience aiguë de la fragilité du vivant, de son altération et de sa possible disparition.
* Titre inspiré d’un vers de la Première Élégie de Duino de Rainer Maria Rilke.